RTK, LiDAR ou vision : quel guidage pour votre jardin ?
RTK, NetRTK, LiDAR ou caméras : le principe de chaque guidage, ses limites avec les arbres, les murs et la lumière, et le choix selon votre jardin.
Choisir un robot tondeuse sans fil périmétrique, c’est d’abord choisir comment il se repère. Quatre approches existent : le RTK, le NetRTK, le LiDAR et la vision par caméras. Aucune n’est la meilleure partout. Tout dépend de votre jardin : arbres, murs, taille, lumière. Ce guide explique le principe de chacune simplement, puis vous aide à choisir parmi les dix robots du site.
Le RTK : un satellite et une antenne chez vous
Le GPS d’un téléphone se trompe de plusieurs mètres. Le RTK (Real Time Kinematic) corrige cette erreur. Selon la documentation du projet Centipède, une station de référence fixe, dont la position est connue avec précision, compare ce qu’elle calcule avec sa vraie position. Elle envoie l’écart en temps réel au récepteur mobile, qui corrige sa propre position. La précision visée est de l’ordre du centimètre.
Pour un robot tondeuse, cela donne une antenne de référence à installer dans le jardin, reliée à la station de charge ou à une alimentation. Elle doit voir le ciel. C’est la contrainte principale du RTK.
Trois robots du site fonctionnent ainsi, avec des caméras en renfort :
- l’Ecovacs GOAT O600 RTK, annoncé pour 600 m² ;
- le Segway Navimow i105E, recommandé pour 500 m² ;
- le Sunseeker S3, annoncé pour 800 m².
Les caméras prennent le relais quand le signal satellite faiblit. C’est ce que les fabricants appellent navigation hybride. Leurs promesses de précision sont des allégations commerciales. Ecovacs écrit par exemple que sa navigation est « 4x plus rapide et 30 % plus stable » que les autres technologies RTK. Aucun test lu ne l’a vérifié.
Le NetRTK : les corrections par internet
Le NetRTK remplace l’antenne personnelle par un réseau de stations de référence. D’après Mammotion, le robot récupère les corrections par la 4G ou le Wi-Fi, sans station à poser. Le LUBA mini 2 AWD 1000 l’associe à trois caméras.
Le point à surveiller est la connexion. Sans couverture Wi-Fi dans le jardin, c’est la 4G intégrée qui joue ce rôle. Mammotion annonce 3 ans de service 4G gratuits avec ce modèle, et Notebookcheck indique qu’il faut compter ensuite environ 50 € par an. Mammotion a aussi communiqué sur une gratuité à vie de son service iNavi. Les sources divergent : lisez les conditions en vigueur sur le site du fabricant avant d’acheter.
Le LiDAR : un laser qui mesure autour du robot
Le LiDAR envoie des impulsions laser et mesure leur retour. Le robot obtient ainsi un plan en trois dimensions de ce qui l’entoure : haies, murs, troncs. Il se repère par rapport à ces éléments. Il n’a pas besoin du ciel, donc pas d’antenne.
Quatre robots du site utilisent le LiDAR :
- le Dreame A1 Pro, annoncé jusqu’à 2 000 m² ;
- le Dreame A2 1200, avec en plus une caméra IA ;
- le MOVA LiDAX Ultra 800 ;
- l’Ecovacs GOAT A1600 LiDAR Pro, à double LiDAR.
MOVA est une marque liée à Dreame. Ecovacs affirme que son A1600 reste précis de nuit et insensible aux ombres et aux toits, selon sa fiche. C’est une annonce du fabricant. Côté testeurs, Clubic salue une navigation précise, et ne voit de limite que pendant la cartographie automatique dans un environnement complexe.
La vision : des caméras et de l’IA
Deux robots du site se guident surtout avec des caméras : l’eufy E15 (vision stéréo, annoncé pour 800 m²) et le YUKA Mini 2 500 de Mammotion (trois caméras, 500 m²). Le robot reconnaît la pelouse et les repères visibles, et construit sa carte à partir des images.
C’est la solution la plus simple à installer : ni antenne, ni abonnement obligatoire pour l’usage de base. Mais elle dépend de ce que les caméras voient. Le test de Basic Tutorials note que la navigation par caméras seules est moins robuste que le LiDAR ou le RTK dans les jardins complexes ou en lumière difficile. Pour le YUKA, nous n’avons trouvé aucune source qui documente le comportement du modèle en faible lumière ou sur un grand espace sans repères. Gardez-le en tête si votre jardin est vaste et nu.
Arbres et murs : le critère qui tranche
C’est la question la plus fréquente. Le raisonnement est simple : un arbre dense ou un mur haut masquent une partie du ciel. Le RTK perd alors en fiabilité.
- RTK seul ou hybride. Les testeurs le disent clairement. GameStar précise que l’antenne de l’Ecovacs O600 doit être à l’écart des grands arbres et des bâtiments, et range parmi les défauts le fait que le robot convient moins aux jardins très arborés. Expert Reviews note, pour le Navimow i105E, que la navigation par satellite exige un ciel dégagé, et Clubic ajoute qu’il ne convient pas aux zones enclavées.
- LiDAR. L’avis de l’A1600 relève que l’absence d’antenne est un vrai avantage pour un jardin arboré. Le LiDAR gêne moins sous les arbres, mais il se repère sur des éléments physiques : un grand espace plat sans haie ni mur lui donne peu de repères.
- NetRTK. Mammotion annonce un positionnement précis sous les arbres. C’est une allégation du fabricant. Elle repose aussi sur une bonne connexion.
Si votre pelouse est entourée de grands arbres ou d’un patio fermé, partez sur un LiDAR. Si elle est ouverte, le RTK reste une option sérieuse, souvent moins chère.
Installer l’antenne RTK correctement
L’antenne conditionne tout le reste. Quelques règles issues des tests :
- Un ciel large. Placez-la à découvert, à l’écart des grands arbres, de la haie et des murs hauts. Le test de homeandsmart déconseille de la monter contre le mur de la maison ou sous un arbre.
- En hauteur. Un support mural ou un mât la surélève. Le Segway Navimow i105E est livré avec une rallonge d’antenne de 10 m et un kit de fixation, ce qui laisse de la marge pour l’éloigner de la station.
- Une alimentation et le Wi-Fi. Chez Ecovacs, la station de référence doit rester à portée du réseau. Homeandsmart a relevé une couverture faible sur son terrain d’essai, avec un appairage tout de même fiable. Chez Sunseeker, la station de référence parle au robot par radio LoRa.
- Une fixation stable. Une antenne qui bouge fausse la référence. Fixez-la solidement, avec au moins deux piquets pour la station.
Éclairage : ce que changent la lumière et la nuit
Le LiDAR produit sa propre lumière : il ne dépend pas de l’éclairage du jardin. Les caméras, elles, en dépendent. L’eufy E15 ne tond pas la nuit : Basic Tutorials indique une plage de fonctionnement qui commence 30 minutes après le lever du soleil et finit 30 minutes avant le coucher. Mammotion annonce un mode nuit sur le YUKA.
Ne vous servez pas de cet avantage pour tondre la nuit. Le hérisson est actif du crépuscule à l’aube, et la détection d’obstacles ne garantit pas de repérer un petit animal roulé en boule. Notebookcheck déconseille de faire tourner le LUBA mini 2 à partir du crépuscule, et plusieurs communes belges et la Ville de Blois (source : ecoconso et consoGlobe) conseillent de ne pas tondre de nuit. Je n’ai pas trouvé de recommandation chiffrée de la LPO sur le sujet. Programmez des tontes de jour, et rappelez-vous que les horaires dépendent des arrêtés locaux : renseignez-vous auprès de votre mairie.
Grandes pelouses sans repères
Sur une grande surface ouverte, sans mur ni haie, le RTK a un avantage : il a le ciel pour lui. La vision, elle, manque de repères. Le LiDAR peut en manquer aussi, puisqu’il s’appuie sur des éléments physiques.
Pour les grandes surfaces, la taille du robot compte autant que le guidage. Le Dreame A1 Pro annonce jusqu’à 2 000 m², mais Notebookcheck mesure environ 150 m² par charge en mode standard : prévoyez plusieurs cycles. De même, Clubic a mesuré environ une heure d’autonomie sur l’A1600 pour une surface annoncée de 1 600 m². Les surfaces annoncées sont des plafonds, pas des promesses. Pour une grande pelouse ouverte, comparez-les au comparatif complet.
4G et abonnements : à vérifier
Voici ce que disent les fabricants et les testeurs :
- Mammotion LUBA mini 2 AWD 1000 : 4G intégrée, 3 ans de service gratuits annoncés, puis environ 50 € par an selon Notebookcheck. Vérifiez les conditions actuelles.
- Segway Navimow i105E : Clubic cite un module 4G+ d’alarme optionnel, avec abonnement nécessaire après 2 ans.
- eufy E15 : Wi-Fi 2,4 GHz, 4G en option payante. Le tarif n’est pas communiqué dans les sources consultées.
- MOVA LiDAX Ultra 800 : le module 4G optionnel peut avoir un coût, à vérifier sur la fiche officielle.
- Sunseeker S3 : module 4G-GPS antivol en option ; aucun abonnement n’est mentionné pour l’usage de base.
- Ecovacs et Dreame : aucun abonnement n’apparaît dans les sources lues.
Le robot fonctionne sans 4G dans la plupart des cas. Elle sert à la localisation antivol, au pilotage à distance ou, pour le NetRTK, aux corrections.
Quel guidage pour quel jardin
| Votre jardin | Guidage à privilégier | Exemples du site |
|---|---|---|
| Petit, ouvert, ciel dégagé | RTK + caméras, souvent moins cher | O600 RTK, Navimow i105E |
| Moyen, avec quelques arbres | LiDAR, ou NetRTK si la connexion est bonne | MOVA LiDAX Ultra 800, LUBA mini 2 AWD 1000 |
| Grand, arboré ou avec murs | LiDAR | Dreame A1 Pro, A2 1200, A1600 |
| Moyen, repères visibles, installation rapide | Vision | eufy E15, YUKA Mini 2 500 |
Dans tous les cas, la pente, les passages étroits et l’état des bordures pèsent autant que le guidage. Notre guide pour bien choisir détaille ces critères. Les lames tournent sous le robot : tenez enfants et animaux à l’écart pendant la tonte.
Les accessoires indispensables
Un robot RTK a besoin d’une antenne bien placée. Et quel que soit le guidage, un abri protège le robot et sa station des intempéries.
Fixe l'antenne RTK sur un mur ou une clôture, avec guidage de câble. L'annonce indique la compatibilité avec les séries H et I de Navimow, dont l'i105E.
Voir sur Amazon →Abri à toit en polycarbonate avec protection UV, annoncé comme universel pour de nombreux robots et stations. Vérifiez que les dimensions conviennent à votre modèle.
Voir sur Amazon →En résumé
Le RTK est précis quand le ciel est dégagé. Le NetRTK se passe d’antenne mais dépend d’une connexion. Le LiDAR gêne le moins sous les arbres et près des murs. La vision est la plus simple à mettre en route, avec une marge de manœuvre plus étroite en lumière difficile. Mesurez d’abord votre jardin : où sont les arbres, les murs, la lumière. Ensuite seulement, choisissez la technologie, puis le robot. Les prix évoluent : vérifiez-les sur Amazon.
Questions fréquentes
Quelle différence entre RTK et NetRTK ?
Le RTK classique demande une antenne de référence posée chez vous, avec le ciel dégagé. Le NetRTK reçoit les corrections par internet, via la 4G ou le Wi-Fi, et se passe d'antenne. Les conditions d'abonnement 4G varient selon le fabricant : vérifiez-les avant d'acheter.
Un robot RTK fonctionne-t-il sous les arbres ?
Moins bien. Le RTK s'appuie sur des signaux de satellites que le feuillage et les murs peuvent masquer. Plusieurs modèles ajoutent des caméras pour prendre le relais quand le signal faiblit, mais les testeurs déconseillent le RTK seul pour un jardin très arboré.
Le LiDAR fonctionne-t-il la nuit ?
Le LiDAR mesure les distances avec sa propre lumière, donc il ne dépend pas de l'éclairage du jardin. Cela ne veut pas dire qu'il faut tondre la nuit : les associations conseillent d'éviter la tonte nocturne pour protéger les hérissons.
Les caméras seules suffisent-elles pour un grand jardin ?
Elles conviennent surtout aux jardins moyens avec des repères visibles (haies, murs, massifs). Un essai du eufy E15 note que la navigation par caméras seules est moins robuste que le LiDAR ou le RTK en lumière difficile ou dans un jardin complexe.
Où poser l'antenne RTK ?
À découvert, avec un large dégagement du ciel, à l'écart des grands arbres et des murs. Le test de homeandsmart conseille de ne pas la fixer contre la maison ni sous un arbre. Un support mural ou sur mât aide à la placer en hauteur.